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03/04/2016

J’ai souhaité réfléchir avec vous sur cette phrase d'actualité : «Finalement quand on voit ce qui peut être fait au nom de Dieu, on se demande ce qu’il reste au diable comme activité."

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Bonjour à tous et toutes,

 

J’ai lu dernièrement cette phrase, à laquelle j’ai souhaité répondre dans cet article : «Finalement quand on voit ce qui peut être fait au nom de Dieu, on se demande ce qu’il reste au diable comme activité. »

 

Alors, voyons déjà « ce qui peut être fait au nom de Dieu »… L’auteur de cette phrase parle certainement des attentats perpétrés au nom d’une certaine religion. Mais on peut aussi penser à travers cette phrase à la période terrible de la Saint Barthélémy de 1572 dans laquelle les Catholiques tuèrent les Protestants. La ville de Paris vécut en une nuit l’assassinat d’une dizaine de chefs protestants puis le massacre de tous les Protestants, traqués et tués en quelques jours. 

 

Deux mille Protestants, appelés aussi Huguenots, ont été tués à Paris... et entre cinq mille et dix mille en province, le massacre s’étendant à d’autres villes, sur plusieurs semaines. Le 31 août, à Lyon, entre 700 et 800 Protestants ont été massacrés. Il faudra attendre plusieurs guerres de religions et l’édit de Nantes de 1598 publié par Henri IV pour que la liberté de conscience et de culte accorde la paix et la sécurité aux Protestants. Mais l’atrocité avait régné sur la France, détruisant les campagnes et les villes. Nous portons tous dans nos lignées les traces de ces terribles combats et nos ancêtres ont peut-être été victimes ou bourreaux.

 

En 1209, je vous rappelle aussi le massacre vécu par la ville de Béziers, victime de la première croisade des Albigeois contre les Cathares. Le « bon » Abbé Amaury catholique a dit aux soldats : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens. » La moitié de la population est morte. Des centaines de personnes s’étaient réfugiées dans l’église Sainte Madeleine. Dieu n’a pas pu les sauver, un miracle n’étant pas possible parfois devant la cruauté humaine.

 

Il est intéressant tout de même de constater combien ont été humains les dirigeants de la ville qui ont refusé de livrer les Cathares aux catholiques extrémistes en répondant : « Nous préférons être noyés dans la mer salée plutôt que de livrer nos concitoyens. »

 

Je reviens aussi sur les Croisades, huit croisades de deux groupes de croyants en guerre : les Chrétiens et les Musulmans, représentant le combat du croissant et de la Croix… l’enjeu étant les terres de Jérusalem et la libération de la Terre Sainte. À l’époque, les Croisés chrétiens n’ont parfois fait aucune différence entre les soldats, les combattants religieux, les femmes et les enfants. Ils tuèrent tout le monde.

Durant près de deux siècles, des massacres ont eu lieu. À l’époque, les Papes défendaient l’idée que les Croisés chrétiens auraient l’absolution de tous leurs péchés en s’impliquant dans ces guerres de croisades pour lutter contre les « infidèles ». On voit qu’aujourd’hui, la similitude existe dans les promesses faites à ceux qui se font sauter dans les attentats. Promesses de vie meilleure dans l’au-delà, promesses de bonheur, promesses diverses et aguichantes.

 

Les tueries faites au nom de Dieu n’engagent que ceux qui tuent. Dieu n’a rien à voir avec le chemin de violence que prennent ces personnes. Il a laissé les hommes libres de leurs choix mais il nous a donné la mortalité. La règle première des porteurs de valeurs humaines est de ne causer de tort à autrui, ni en pensées, ni en paroles, ni en actions. Tout homme est appelé à mourir mais il n’est pas écrit que nous devons mourir par une balle tirée par un autre homme. 

 

En conclusion, je dirais que lorsqu'on connait le diable, on sait qu'il sait se déguiser et que lorsqu'il se grime en Dieu, cela donne le résultat que nous connaissons aujourd’hui, résultats de violence et d’attentats que nous pouvons décrypter tout au long de l’histoire, même la nôtre.

 

On sait aujourd’hui -par la libération des paroles de jeunes abusés par des prêtres sur Lyon- que le diable sait aussi prendre l’âme de certains religieux emprisonnés par des règles religieuses impossibles à tenir ; ces prêtres sont victimes eux-mêmes d’un système qui crée l’horrible. Demander à un homme de ne pouvoir avoir une vie sexuelle normale et exiger de lui  de sacrifier son statut d’humain sexué à Dieu sur demande d’une Église minotaure… revient à sacrifier de jeunes innocents sur l’autel d’Abraham, comme l’agneau tué en offrande aux Dieux de l’Antiquité.

 

Le diable n’existe que par la déviance des humains et le pouvoir de certains hommes à représenter Dieu, dans toute l’horreur de l’orgueil et de la vanité.

 

Chloé LAROCHE

19/01/2014

Mon coup de chapeau au Père Fréchet, hommage à une personnalité de Grenoble authentique qui a gardé sa foi en la solidarité et en l'entraide envers ses frères cabossés et sans-abri.

jean_frechet.jpgBonsoir à tous et toutes,


Il y a des personnes qu'on ne peut oublier et qu'on ne doit pas oublier. Voici une personne qui nous a quittés il y a trois ans et dont je souhaite vous reparler, après un premier article écrit en mars 2011 en hommage à cette personnalité authentique.th-82.jpeg

Je viens vous entretenir en ce dimanche maussade de janvier du Père Jean Fréchet qui pendant des décennies sur Grenoble a aidé les sans-abris sur la paroisse Saint-Paul. Il y avait des caravanes pour les sans-domicile-fixe au pied de son église et des personnes par centaines défilaient pour venir chercher le vendredi matin du lait et à manger ainsi que des vêtements.

Il avait ouvert rue de Stalingrad un restaurant nommé le "51" où on mangeait pour 0 à 5 francs et où les musiciens comme moi animaient des soirées afin de réchauffer le coeur de tous les "cabossés" de la vie, comme le Père les appelait.th-84.jpeg

Le Père Fréchet, malgré toute cette générosité, a été parfois en conflit avec des habitants du quartier des Alliés qui auraient préféré un quartier "propre" et puis il a été agressé aussi et volé, mais il n'a jamais baissé les bras, a toujours pardonné. Il avait cette foi en l'humain et en la solidarité qui l'a conduit à rester en place et en amour de son prochain durant plus de quarante ans.

th-83.jpegIl écrivait et réunissait ses textes dans des recueils et des livres, dont il donnait le profit à son association, celle de Saint-Paul. Il nous a quittés il y a trois ans mais son âme est là, dans le coeur de tous ceux sur qui il a posé ses yeux de clairvoyant de l'infini.père fréchet,hommage,sans abris,paroisse saint paul,grenoble,exception,personnalité,écrivain,prêtre,curé,violoniste,entraide,accueil,bonté,bleu,blog,lecteurs,succès,amour,autrui,dimanche,actualités,mode,pauvreté,politique,détresse,cabossés,aide,soutien,noël,témoignage,le 51,restaurant solidaire,amitié,concert gratuit,sdf,pauvre,caravane,démunis,mort,manque,décès,paroisse,église,voisin,alliés,agression,solitude,algérie,guerre

J'étais sa violoniste, pas sa bonne (sourire), la violoniste du curé... et je me souviens qu'il disait : "Les sans-abris, ceux qui n'ont plus rien, les cabossés de la vie, il n'ont pas besoin seulement de manger, mais aussi de se divertir, de rire, de chanter, de sourire à la vie, d'avoir de la joie" et c'est pour cela qu'il s'entourait d'artistes.th-78.jpeg

À l'occasion de Noël, il organisait un grand repas gratuit pour toutes les familles dans le besoin et il nous demandait d'animer. Des jouets étaient donnés aux enfants. Un de ses plus gros chagrins a été le jour où l'un de ses protégés, un père de famille, s'est tué. Ce papa s'est suicidé le jour où les services sociaux venaient lui enlever ses enfants. Père Fréchet, toi qui es parti au Ciel, fais que la relève soit assurée sur terre après toi, par toutes ces personnes qui oeuvrent pour l'entraide, la compassion et l'engagement de tendre la main aux souffrants et aux cabossés de la vie.th-67.jpeg

père fréchet,hommage,sans abris,paroisse saint paul,grenoble,exception,personnalité,écrivain,prêtre,curé,violoniste,entraide,accueil,bonté,bleu,blog,lecteurs,succès,amour,autrui,dimanche,actualités,mode,pauvreté,politique,détresse,cabossés,aide,soutien,noël,témoignage,le 51,restaurant solidaire,amitié,concert gratuit,sdf,pauvre,caravane,démunis,mort,manque,décès,paroisse,église,voisin,alliés,agression,solitude,algérie,guerreNon, je ne t'ai pas oublié, je n'ai pas oublié quand tu as baptisé mes filles, ni lorsque tu as enterré ma fille Océana. Tu savais que si après je ne suis pas souvent revenue jouer pour toi, pour vous, c'est que mon violon avait trop de larmes dans le corps. Maintenant, il a repris du poil de la bête et j'ai eu un fils en 2005.

Chloé LAROCHEpère fréchet,hommage,sans abris,paroisse saint paul,grenoble,exception,personnalité,écrivain,prêtre,curé,violoniste,entraide,accueil,bonté,bleu,blog,lecteurs,succès,amour,autrui,dimanche,actualités,mode,pauvreté,politique,détresse,cabossés,aide,soutien,noël,témoignage,le 51,restaurant solidaire,amitié,concert gratuit,sdf,pauvre,caravane,démunis,mort,manque,décès,paroisse,église,voisin,alliés,agression,solitude,algérie,guerre

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Mon précédent article sur le Père :

https://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2011/03/18/le...


Témoignage du Diocèse et biographie :

http://www.diocese-grenoble-vienne.fr/une_deces_frechet.html


LES PAROLES DU PÈRE JEAN FRÉCHET :

 

  • "L'Evangile c'est de la dynamite, c'est du feu."
  • "Mon rôle, c'est de maintenir le cap sur Jésus-Christ."
  • "L'Evangile, c'est mon combat, c'est le sel de la terre ; les pauvres c'est sacré."
  • "Un prêtre doit prendre des risques, se mouiller au nom du Christ."
  • "Il ne s'agit pas d'avoir de la religion mais bien de la foi."

 

Eléments de bibliographie

Voici quelques ouvrages écrits par le P. Fréchet (liste non exhaustive).

  • La vie dans les Terres froides
  • Vie, traditions, coutumes des Terres froides et du Dauphiné, Bellier, 2000
  • Déclarons la paix, préfacé par Jean-Paul II,  1986
  • La vie d'un enfant vaut tout l'or du monde
  • Ces jeunes de la fin de siècle
  • La guerre d'Algérie racontée aux jeunes et à mes neveux et nièces, dans la série Entre la foi et la colère, 2002

A Grenoble, le Père Fréchet a tendu la main chaque année en permanence et ceci depuis 1962.

 

Pour vous donner une idée de ses actions, voici quelques chiffres

pour l’année 2000 :

·        222 personnes logées dans 48 lieux de vie, dont 28 appartements.

·        400 familles secourues et aidées, soit environ 2000 personnes

en permanence.

·        56 "sans papiers" logés, nourris et défendus auprès des pouvoirs publics.

·        13 198 repas servis dans ses restaurants pour SDF.

·        2 fermes de réinsertion, des chantiers.

·        … et aussi 12 000 personnes soignées et aidées à l’hôpital

Jean Fréchet au Pérou !

 

 Hommages :

http://gemmani.fr/post/2011/03/17/Reaction-a-la-disparition-de-Jean-Frechet
 
http://www.micheldestot.fr/ville-grenoble/
hommage-au-pere-frechet/ 

PHOTOS : je remercie le site BING.COM ainsi que les blogs et sites m'ayant aimablement prêté leurs images. Il y a bien sûr ma collection personnelle et mes propres photos. Voyez aussi mes albums photos à droite de cette page.

 

27/11/2013

Le film "LA MARCHE" est un formidable hommage aux Marcheurs de 1983 pour l'égalité et la lutte contre le racisme, oeuvre authentique et profonde.


th-8.jpegBonsoir à tous et toutes,Unknown.jpeg

 

 

 

Ce soir, j'ai vu en avant-première le film  "LA MARCHE", oeuvre magnifique retraçant l'extraordinaire évènement de 1983 qui s'est déroulé en France et dont peu de Français ont eu connaissance ou en gardent le souvenir.

J'ai été très émue durant ces deux heures où l'on suit une aventure humaine rarissime, cette marche qui prend aux tripes, à travers ces jeunes et moins jeunes  qui ont marché durant mille cinq cents kilomètres à travers la France, afin de calmer la violence raciste qui sévissait à l'époque, avec des dizaines de victimes assassinées par la haine toute nue et crue.Unknown-1.jpeg

Durant leur marche, on apprend la mort d'un algérien assassiné et défenestré dans le train Bordeaux-Vintimille, Habib Grimzi, alors que les passagers présents n'ont osé bouger. Les Marcheurs dénoncent la passivité de ces témoins du crime paralysés par la peur ou bien l'indifférence.

Ils dénoncent aussi l'assassinat du petit Toufik, neuf ans, tué par la haine d'un homme d'une balle de 22 long rifle.th-49.jpeg

th-1.jpegOn entend dans ce film le bruit du train et le silence des hommes. On l'entend et le bruit des pas prend le pas sur le vacarme de la haine et de la violence.

Les Marcheurs ont su attirer l'attention sur l'abomination de ces crimes, faits par des êtres humains sur d'autres êtres humains...th-2.jpeg

Tout est parti du quartier des Minguettes, avec des balles tirées sur Toumi Djaïdja par un policier, lors de luttes entre les forces de l'ordre et les jeunes de la cité. Toumi était le Président de "SOS Avenir Minguettes". À la suite de ce drame, Toumi a eu l'idée de cette marche avec le Père Christian Delorme, curé des Minguettes. Ils ont eu cette idée comme un écho à la marche de Gandhi, comme une résonance avec celle de Martin Luther King.th-18.jpeg

Ils sont partis avec quelques jeunes pour traverser la France avec leur banderole pour l'Égalité et contre le racisme. Soutenus par des comités de soutien issus de diverses associations, comme la Cimade de Lyon, ils furent accueillis dans les différentes villes traversées et arrivèrent à Paris le 3 décembre 1983, il y a trente années, avec un triomphe incroyable et cent mille personnes les attendant dans la capitale.

7767165536_la-marche-pour-l-egalite-et-contre-le-racisme-avait-ete-accueillie-par-plus-de-100-000-personnes-a-paris-le-3-decembre-1983-archives.jpgIls sont partis de Marseille le 15 octobre 1983, dans l'invisibilité totale de leur anonymat et puis la petite vague a grandi, grossi, pour devenir une marée immense qui entraîna ensuite la création de "Sos Racisme". 

Les Marcheurs ne voulaient pas de récupérations politiques, religieuses ou ethniques. Ils souhaitaient que cette marche demeure laïque, avec des valeurs universelles et humaines, comme la tolérance, le respect de la différence, l'égalité, le non-racisme. th-15.jpeg

Ils étaient non-violents et répétaient que la haine pour répondre à la haine n'était et n'est pas une solution. Ils ont obtenu la carte de séjour de dix ans pour les étrangers et le fait de ne pouvoir expulser hors de France un mineur de moins de dix-huit ans.

th-16.jpegAujourd'hui, trente ans ont passé et la France continue à expulser les Roms, à les prendre comme boucs-émissaires de la crise, à renvoyer des familles dans leur pays, avec des enfants nés en France, des enfants scolarisés, de jeunes étudiants. Des pères sont expulsés seuls, laissant en France épouses, femmes enceintes parfois, jeunes enfants devenus orphelins d'un papa encore vivant.  Il suffit de se rendre sur le site du Réseau d'Éducation sans frontières (Resf), pour comprendre que le chemin de La Marche est encore long avant de déposer nos souliers devant le sapin de la Paix, du droit d'Asile et de l'Égalité.

http://www.educationsansfrontieres.orgth-13.jpeg

Je lis dans certains forums sur le net des propos très durs et stigmatisants envers les Roms, comme quoi ce serait tous des voleurs, des personnes malfaisantes, des voyous taillés ainsi depuis l'enfance, tous bons à mettre dans un charter. Lorsque je les défends, je me fais casser tout bonnement, comme quoi il faudrait que je "redescende sur terre", que je devienne "lucide". Mais je vois ces familles dans des caravanes, dans des camps, sous des tentes, rejetés de partout, passant d'endroits sordides en lieux minables... Ce sont des êtres humains qui vivent la pauvreté, qui sont exclus, qui ressentent le froid de l'hiver... Je leur porte des vêtements autant que je peux... car rejeter, c'est tuer à petit feu... alors qu'accueillir et protéger, c'est donner de l'espoir.

th-7.jpegDurant des années, j'ai porté des projets d'amitié entre les peuples à travers la musique, à Bron, à Grenoble et ses banlieues, en Isère, créant : "Un archet pour la Paix" pour faire entrer dans les écoles et auprès des enfants cet esprit de tolérance et d'ouverture aux autres cultures, au respect des différences. Je continue de penser que toutes ces actions sont autant de petites gouttes déposées dans l'océan de l'Humain, afin de créer ce phare de la Conscience universelle qui brille dans l'inconscient collectif, pour une paix concrète et vivante.

Ce film de "LA MARCHE", réalisé par Nabil Ben Yadir, arrive juste au moment de l'anniversaire de la Marche de 1983. Il est juste et vrai. Il est authentique et sans recherche d'intérêt financier, puisqu'il a été demandé aux acteurs de gros sacrifices salariaux. Le réalisateur a préféré faire un grand film pour relater cet évènement plutôt que d'axer son énergie sur la recherche de gros moyens de réalisation. Ce film est d'un réalisme étonnant et d'une profondeur véridique.

th-11.jpegJe vous invite à courir le voir et vous marcherez tous ensemble vers le même but. Vous vivrez la même minute de recueillement, à travers laquelle le silence même pénètre à l'intérieur de la salle de cinéma, émotion palpable où les victimes mortes sont présentes avec nous, les vivants.

Oui, nous sommes vivants et nous avons encore le pouvoir de faire avancer l'Histoire avec humanisme et dans le respect de chacun, se rappelant que le sang qui coule dans nos veines est toujours rouge, quelque soit notre race, notre origine, notre sexe, notre ethnie... Que nous soyons noirs, rouges, blancs, jaunes, ocres, marrons, hommes ou femmes.Unknown.jpeg

Chloé LAROCHE 

 

"Le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit."

"Un raciste est quelqu'un qui se trompe de colère."

 

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ARTICLE très complet, à lire,

de 

Mogniss H. Abdallah  :

 

http://www.gisti.org/doc/plein-droit/55/marche.html

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Plein Droit n° 55, décembre 2002
« Parcours, filières et trajectoires »

1983 :
La marche pour l’égalité

Mogniss H. Abdallah
Agence IM’média

"Le 3 décembre 1983 à Paris, cent mille personnes environ accueillent la Marche pour l’égalité et contre le racisme dans une ambiance de fête. Partie de Marseille le15 octobre 1983 dans l’indifférence quasi-générale, la Marche est peu à peu devenue un événement politique historique. Il sera considéré comme un acte fondateur pour la jeunesse des banlieues. A travers le pays, les jeunes issus de l’immigration mais aussi de nombreux Français se sont identifiés aux marcheurs et rejoindront ce que l’on nommera un temps le mouvement beur. Désormais, les Beurs ne sont plus seulement les enfants d’immigrés invisibles, mais bien des acteurs à part entière de la société française. Cette nouvelle donne va bouleverser la perception de l’immigration et redessiner le paysage politique antiraciste.

A l’origine de la Marche, il y a les événements dans la ZUP des Minguettes, à Vénissieux (Rhône). Depuis l’été 1981, les affrontements entre les jeunes et la police dans les banlieues de l’est lyonnais, médiatisés à travers les fameux « rodéos » automobiles, prennent un tournant politique. En effet, la droite, encore sous le coup de sa déroute électorale de 1981, a décidé de relever la tête en attaquant le gouvernement sur la question de l’immigration et de la sécurité.

Dans les banlieues ouvrières, à Lyon comme ailleurs, la crise avec son lot de licenciements et de fermetures d’usines, aggrave les tensions. Le tissu social se délite de jour en jour avec le départ de nombreux habitants (sur 9 200 logements aux Minguettes, 2 000 à 3 000 étaient vides en 1983). Alors, les lascars « rouillent » au bas des tours, s’approprient caves ou appartements vides, et se débrouillent pour vivre. Le chômage s’installe dans les têtes et dans la vie. A défaut de travail, ils trouvent d’autres sources de revenus, plus ou moins licites. Cependant, le marché de la drogue (dure) n’a pas encore totalement envahi les cités lyonnaises.

La police rôde, à la recherche surtout de jeunes issus de l’immigration qu’elle considère avant tout comme des « délinquants étrangers ». L’idée que ces derniers ne puissent plus être expulsés depuis les nouvelles dispositions législatives protégeant les étrangers arrivés avant l’âge de dix ans et coupables de petits délits choque la base policière. (A la veille des élections présidentielles, une grève de la faim de Christian Delorme, Jean Costil et Ahmed Boukhouna avait permis l’arrêt des expulsions des jeunes [1]). Qu’à cela ne tienne : un processus policier et médiatique de criminalisation du mode de vie des jeunes tend à faire l’amalgame entre révolte sociale, petite délinquance parfois crapuleuse et grand banditisme pour faire pression sur les décideurs politiques, accusés de laxisme vis-à-vis de l’instauration de « sanctuaires de hors-la-loi » et autres « zones interdites ».

L’argument de l’affaiblissement de l’autorité de l’Etat fait mouche auprès du ministre de tutelle des policiers, Gaston Defferre, mais aussi auprès du ministre de la défense Charles Hernu. Ce dernier, par ailleurs maire de Villeurbanne dans l’est lyonnais, n’a pas hésité à détruire la cité Olivier de Serres. Dès 1982, Gaston Defferre s’oppose au ministre de la justice Robert Badinter et à ses velléités d’exercer un contrôle sur la police. A l’occasion des débats parlementaires autour de son projet de loi pour renforcer les contrôles d’identité, le ministre de l’intérieur stigmatise la dangerosité d’enfants qui « parfois à l’âge de six ans et, en tout cas, couramment à dix ans », volent et cassent. Aussi préconise-t-il le principe du « choc salutaire », c’est-à-dire de la prison pour traiter la petite délinquance, une idée importée des Etats-Unis en 1976 par Peyrefitte, ainsi que la répression d’« illégalismes populaires » jusque-là tolérés. Enfin, il avance la notion de « lieux déterminés » à surveiller, voire à pacifier (Le Monde, 15 juin 1982). Par ailleurs, il ne veut pas entendre parler d’« une commission qui serait chargée d’examiner les litiges mettant en cause la police » . La police doit avoir le mot de la fin...

SOS Avenir Minguettes

Au lendemain des élections municipales de mars 1983 marquées par une surenchère raciste et sécuritaire qui fait le lit d’un Front national devenu pour la première fois une force politique nationale, le meurtrier du jeune Ahmed Boutelja de Bron (Est lyonnais) jusque-là en détention préventive est remis en liberté (son procès n’aura lieu qu’en 1995). Le surlendemain, une imposante descente de police aux Minguettes pour une histoire de recel se transforme en affrontement collectif. Le local des jeunes à la tour 10 du quartier Monmousseau est retourné sens dessus-dessous, des mères de famille sont molestées.

Ces violences mettent le feu aux poudres. Les policiers sont obligés de battre en retraite. Les jours suivants, leurs syndicats se lancent dans une virulente campagne publique, saisissent le pouvoir central et menacent le pouvoir d’« actes d’indiscipline » (demandes de mutation en masse, dépôt des armes ...). Ils exigent « la reprise des expulsions et des peines exemplaires pour les meneurs et leurs complices, des opérations systématiques de police avec de nombreux effectifs équipés de moyens pour le maintien de l’ordre », ainsi que « le quadrillage de la commune ».

Dans ce contexte, une douzaine de jeunes décident d’une grève de la faim pour interpeller les pouvoirs publics sur une situation qui peut dégénérer à tout moment. Ils créent l’association SOS Avenir Minguettes et formulent une série de revendications concernant la police ou la justice (arrêt de l’intimidation policière permanente et des poursuites judiciaires consécutives aux événements du 21 mars 1983, création d’une commission d’enquête indépendante sur les « contentieux » avec certains policiers), et la participation à la réhabilitation de la ZUP (embauche sur le chantier, relogement des familles dites « lourdes »...). Si les pouvoirs publics acceptent la négociation, après la médiation active de Christian Delorme, le curé des Minguettes, ils est selon eux impossible de répondre favorablement aux demandes qui concernent le volet police-justice. Néanmoins, ils proposent à Christian Delorme et à Toumi Djaïdja, président de SOS Avenir Minguettes, de participer à la nouvelle commission communale de prévention de la délinquance, où ils ne peuvent émettre leur avis qu’à titre consultatif. Mais les policiers refusent de s’asseoir à la même table que des « délinquants ».

Sur le terrain, les incidents se multiplient. A quelques jours de la destruction spectaculaire d’une première tour à Monmousseau, la police fait une descente brutale dans le petit centre commercial et arrête Kamel, un des grévistes de la faim. Le 20 juin 1983, un policier tire sur Toumi Djaïdja, le blessant grièvement au ventre.

Pendant ce temps, éclate « l’été meurtrier »: Aux quatre coins de France, les crimes racistes se multiplient. L’émoi est à son comble avec la mort du petit Toufik, neuf ans, abattu d’un coup de 22 long rifle la veille du 14 juillet par un ouvrier irascible à la Courneuve.

S’adresser à la France entière

Sur son lit d’hôpital, Toumi se demande quoi faire pour sortir de l’isolement et de la haine réciproque. Lors d’une discussion avec Christian Delorme, surgit alors l’idée de « s’adresser à la France entière par une grande Marche », comme celles de Gandhi ou de Martin Luther King. L’idée séduit d’emblée les jeunes, qui veulent démarrer la Marche sans attendre. Christian Delorme leur demande un peu de patience. Une initiative d’une telle ampleur, ça s’organise. Les jeunes acceptent à contre-coeur et délèguent l’organisation à la Cimade de Lyon, ainsi qu’au MAN (mouvement pour une alternative non-violente). Christian Delorme et le pasteur Jean Costil obtiendront l’appui des réseaux chrétiens, humanistes et anti-racistes qui avaient permis à leur grève de la faim d’avril 1981 contre les expulsions d’aboutir. Le soutien des protestants, bien représentés au gouvernement, sera aussi particulièrement important pour la suite.

Des collectifs d’accueil se constituent dans plusieurs villes, avant et surtout pendant la Marche. On y trouve les associations de solidarité avec les travailleurs immigrés, les organisations politiques et syndicales, mais aussi beaucoup d’individus « inorganisés », souvent très jeunes, qui affluent, donnant des airs de happening improvisé et « affinitaire » à bien des étapes. Parmi les marcheurs, beaucoup se présentent comme de jeunes Arabes, et arborent le keffieh palestinien. De fait, leur nouvelle communauté d’expérience transcende les frontières entre deuxième génération d’immigrés de nationalité française ou étrangère et enfants de harkis, entre communautés, entre filles et garçons. Si la présence des filles d’immigrés a été remarquée, on n’a sans doute pas assez relevé que la dynamique interculturelle de la Marche est aussi passée par une recomposition intra-communautaire (une meilleure prise en compte de cet aspect aurait sans doute aidé à surpasser le clivage ouverture interculturelle/repli communautaire qui hypothèquera l’après-Marche et l’avenir du mouvement beur).

A Paris, le collectif jeunes qui centralise l’accueil sur la capitale, s’autonomise par rapport au cartel d’organisations de soutien et se transforme en « parlement beur ». Les militants antiracistes, davantage habitués à la figure traditionnelle du travailleur ou de leur alter-ego immigré, sont médusés par le débarquement inattendu de ces enfants d’immigrés à la verve bien française. Ils passent le relais, tout en s’interrogeant sur leur place dans un tel mouvement. Cette cure de jouvence in situ du sérail anti-raciste va permettre à la Marche et aux collectifs de se dégager des logiques d’appareils et des rhétoriques idéologiques.

Ce sont donc les marcheurs qui décident et qui prennent la parole à chaque étape, davantage sur le mode affectif que politique. Craignant le risque de « récupération », ils interdisent banderoles et slogans jugés trop polémiques. Pour rassembler large, la Marche adopte d’ailleurs un profil revendicatif discret, dans l’espoir de voir la « France profonde » fraterniser avec la jeunesse issue de l’immigration ou des cités maudites.

Les médias, progressivement séduits par cette image positive, généreuse et oecuménique, en rajouteront. Ils portent aux nues des « apôtres de la non-violence », une terminologie quasi-biblique dont les marcheurs ne seront pas dupes, comme le laissera entendre Bouzid Kara, un de leurs porte-parole, dans son livre La Marche, traversée de la France profonde (édition Sindbad, 1984). Le père Christian Delorme semble davantage dans son rôle lorsqu’il évoque son souci de l’unanimité ou la « fraternité vécue » comme une valeur essentielle de la République... et de sa foi chrétienne. Son « âme missionnaire » et sa « stratégie des coulisses » du pouvoir sont contestées par certaines associations autonomes de jeunes issus de l’immigration, qui interpellent parfois rudement les marcheurs. Ces derniers, interloqués, feront le dos rond pour parachever leur périple, mais ils resteront en contact par la suite avec les partisans de l’auto-organisation.

Ceci étant, la critique dite « radicale » de la Marche, formulée de l’extérieur, incantatoire et abstraite, paraît plutôt démobilisatrice et en décalage complet par rapport à l’énergie et la capacité d’initiative forte manifestées par la Marche. Sous une référence plutôt confuse à la « non-violence », les marcheurs expérimentent en réalité de nouvelles voies pour sortir d’une révolte épidermique et défensive. Ils s’affirment dorénavant comme acteurs citoyens dans l’espace public.

De fait, il y aura plusieurs Marches dans la Marche, avec des préoccupations différentes. Il s’agit alors de se côtoyer sans s’exclure, mais aussi sans éviter le débat contradictoire.

Exorciser le syndrome de Dreux

La recherche d’un consensus moral fait passer au second plan par exemple les revendications premières autour de la police et la justice, trop conflictuelles, rappelées néanmoins par des forums justice organisés dans la même période par des associations autonomes à Marseille, Vaulx-en-Velin, Nanterre et Levallois. Et la réalité se chargera de rattraper la Marche : la mort de Habib Grimzi, un jeune algérien défenestré dans le train Bordeaux-Vintimille, ainsi que de nouvelles exactions policières aux Minguettes, vont doper sa dimension revendicative.

A l’arrivée, les jeunes et les familles défileront aux côtés des marcheurs avec les portraits des victimes des crimes racistes et sécuritaires, en scandant « Egalité des droits, justice pour tous ».

L’interpellation morale de la société civile a aussi pour certains comme objectif de provoquer un examen de conscience du pays, un sursaut civique afin d’exorciser le syndrome de Dreux – où la droite traditionnelle, alliée avec le FN, a emporté la mairie lors d’une municipale partielle en septembre 1983 . Le front républicain, au-delà des clivages gauche-droite, est déjà en gestation. A l’arrivée, le gouvernement et des élus républicains des deux bords rejoignent en fanfare les marcheurs. Georgina Dufoix, ministre des affaires sociales, assure que de nouvelles mesures contre le racisme vont être prises. Le président Mitterrand reçoit les marcheurs à l’Elysée et annonce la création prochaine de la carte unique de dix ans pour les étrangers, (en remplacement des cartes de séjour et de travail), et « des mesures de principe pour que justice soit rendue aux jeunes victimes et à leur famille » (limitation des ventes d’armes, possibilité pour les associations de quartier de se constituer partie civile dans les affaires de crimes racistes, etc.) En outre, le développement social des quartiers sera désormais considéré comme une priorité nationale.

Dans la foulée, une multitude d’associations de jeunes vont surgir. Après la reconnaissance publique du phénomène « beur », c’est la course à la représentativité et aux fonds publics. En effet, trois semaines seulement après l’euphorie de la Marche, les affrontements raciaux entre grévistes et non-grévistes à Talbot-Poissy sonnent déjà le glas de l’idylle. Les marcheurs soutiennent les travailleurs immigrés licenciés, signifiant par là-même leur refus de jouer la division entre les enfants, accueillis à bras ouverts au sein de la République, et les parents O.S. virés par milliers des usines. Ils feront, après le succès symbolique de la Marche, un retour sur eux-mêmes et sur leur situation sociale. Et là, tout reste à faire... d’autant que, sur le terrain, le message politique du 3 décembre 1983 ne passe toujours pas. Ainsi Toumi Djaïdja, figure emblématique de la Marche, comparaîtra-t-il en octobre 1984 devant le tribunal correctionnel de Saint-Etienne pour des faits allégués de petite délinquance commis en... 1982. « Défavorablement connu des services de police et de justice », « meneur vedette des Minguettes », il sera condamné « pour l’exemple » à quinze mois fermes et arrêté à la barre. C’est en prison, isolé, qu’il apprendra les pérégrinations d’une nouvelle Marche à mobylette, Convergence 84, et le lancement, sponsorisé par l’Etat et les médias, de SOS- Racisme. « Touche pas à mon pote », qu’ils disaient...".

 


 

Notes

[1] La suspension des expulsions de jeunes fut d’abord décidée par le ministre de l’intérieur Christian Bonnet pour pemettre l’arrêt de la grève de la faim. Puis la loi du 29 octobre 1981 sur l’entrée et le séjour des étrangers introduisit, parmi les catégories d’étrangers non expulsables, les mineurs de moins de dix-huit ans et les étrangers nés en France ou arrivés avant l’âge de dix ans, sauf en cas de menace grave à l’ordre public.

 

14/03/2013

Lettre d'une Papesse -sortie de la deuxième lame du Tarot- au nouveau Pape... François 1er.

images-11.jpegLettre ouverte au nouveau Pape, François 1er,

Révérend père, Evêque de Rome, vicaire de Jésus-Christ, successeur du prince des Apôtres, souverain pontife de l’Eglise universelle, primat d’Italie, archevêque-métropolite de la province romane, souverain de l’Etat de la Cité du Vatican et serviteur des serviteurs de Dieu, 


Je me permets de vous écrire pour vous témoigner toute l'espérance que je porte à votre élection.

En effet, vous avez osé laver les pieds de porteurs de la maladie du Sida il y a quelques années et vous avez choisi le prénom de François 1er par rapport à Saint François d'Assise, ce qui prouve et honore votre recherche de simplicité et d'épurement des richesses par une vie sereine et dépouillée de surplus matériel.

J'ai appris cependant que vous condamniez fermement le mariage homosexuel ; par ailleurs vous avez pris courageusement la défense de familles voulant baptiser leur enfant né(e) hors mariage, contre l'avis défavorable d'autres prêtres.

Je vous écris quelques heures après votre élection, en tant que Papesse d'un jour, sortie tout droit de cette carte "la papesse" existant dans le jeu du Tarot et représentant l'évolution secrète des choses, tout ce qui touche à l'esprit, le cheminement secret et interne, notre part profonde et mystérieuse de réflexion et de métamorphose.02-papesse.jpg

La "papesse" représente toutes les qualités féminines, comme la constance, la patience, la prudence, la modération, la fécondité, la paix, la bienveillance, l'harmonie, la clairvoyance.

Il est dommage que l'Église ne sache pas apprivoiser cette part féminine des croyants et des fidèles.

Je vous demande donc en tant que Papesse d'un jour et représentante du genre féminin de donner la possibilité aux femmes de dire la messe, de pouvoir prendre part au culte et aux ministères de l'église, autant que les hommes.

images-15.jpegPourquoi n'y aurait-il pas de femmes évêques et peut-être un jour une Papesse ? Serait-on à ce point machiste et rétrograde au sein de l'église catholique pour ne pas accueillir les femmes au même titre que leurs homologues masculins ?!

Je vous demande aussi en tant que Papesse d'un jour de réfléchir à autoriser aux prêtres la rencontre amoureuse et le mariage, afin qu'on ne trouve plus dans tous les pays des prêtres cachant à tous leur liaison et leurs enfants, progéniture cachée et malheureuse au sein d'une église tiède et lâche, coupable de choix passéistes.

Les prêtres se trouvent confrontés à une nature profonde et physique impliquant des pulsions inhérentes à leur nature d'hommes. Certains vivent alors des liaisons secrètes entre adultes consentants mais d'autres malheureusement sont confrontés à la castration obligée de leurs désirs et touchent alors aux enfants, ce qui les noient dans la pédophilie et l'abîme de la culpabilité.

Donner sa vie à Jésus et travailler pour l'Église ne devrait pas impliquer un tel sacrifice de chasteté et de célibat amenant des hommes à des torsions intérieures et des souffrances morales telles qu'ils détruisent à jamais des jeunes enfants et des adolescents, créant des scandales au sein d'une Église que vous souhaiteriez, je pense, Mon Éminence, lavée de tout soupçon.1989964780_vatican_le_conclave_pour_elire_le_nouveau_pape.jpg

Je vous avoue que pour tout cela, je me suis éloignée d'une Église trop rigide, d'une église misogyne et rétrograde, d'une église qui me donne envie de rester chez moi pour prier seule.

Beaucoup de croyants chrétiens n'ont pas compris la parabole du Paradis, du serpent, de la pomme et des gestes d'Ève au Jardin d'Éden et ont jeté sur la Femme un opprobre qui ne l'a plus jamais quittée au fil des siècles, la rendant responsable du Péché Originel et de tout désir ressenti par l'homme. La femme tentatrice a ainsi été écartée de la vie spirituelle catholique, de sa direction et participation. Tout cela doit cesser et je compte sur vous, qui êtes le nouveau Pape, pour faire progresser les mentalités.

images-13.jpegJe sais que vous êtes intègre et sensible à la souffrance des autres. C'est ainsi que vous pourriez comprendre que l'Église ne doit pas se saisir du problème du mariage des homosexuels, qui demandent une union laïque, ce qui ne regarde pas l'Église, puisque ce n'est pas une demande de mariage religieux. Après, condamner l'homosexualité en elle-même, ce qui est le cas de nombreux adversaires du mariage gay, n'est pas louable ni défendable, car ce que font deux personnes adultes dans un lit devrait rester secret et ne pas être étalé ainsi durant des jours dans l'actualité et le questionnement sur la sexualité d'autrui, sujet tabou à mes yeux et demandant la réserve des religieux.

Mon Éminence, je vous souhaite un heureux pontificat et que vous apportiez paix, ouverture et compréhension d'autrui à notre monde.images-16.jpeg


Chloé LAROCHE






27/12/2012

Nuit de Noël, messe à la Villeneuve dans les quartiers d'une cité nommée Grenoble. Quand la nuit prend la terre et la guerre des pays, seul l'amour peut ramener le soleil.

k0034337.jpgBonsoir à tous et toutes,images-13.jpeg


Lundi soir, je me suis rendue avec mes enfants à la messe de veillée de Noël dans le quartier de la Villeneuve de Grenoble.

L'Espace 600, salle de spectacle et de théâtre de la Villeneuve, avait été réquisitionné et généreusement prêté pour cette rencontre inoubliable.

images-10.jpegInoubliable à mes yeux car cette messe fut un modèle d'humanisme et de rappel de diverses qualités humaines et laïques, comme l'hospitalité à l'étranger, la compassion pour la souffrance des hommes de toutes couleurs et de toutes origines, l'accueil aussi de la souffrance des endeuillés et des victimes des violences urbaines.

Le prêtre, Jean Deries, qui a choisi de vivre sa retraite dans ce quartier, a dit de belles paroles, ressemblant à l'église que j'aime, celle qui parle d'amour et d'accueil, de partage et de solidarité, celle qui crée des ponts et non des murs.

tlc8e1lr.jpgL'équipe de Malherbe et Villeneuve avait préparé des chants magnifiques avec une belle équipe de musiciens, agrémentés de diapositives, avec des mises en scènes avec  les enfants. Une tente avait été montée sur la scène pour rappeler que des personnes n'ont toujours pas de toit et que des familles expulsées vivent dans la rue. Le Père Deries n'a pas hésité à parler des Roms, des réfugiés expulsés par tous, qui ne trouvent refuge nul part, tel Marie et Joseph qui n'ont pas été reçus non plus dans la salle commune mais dans l'étable. Jésus avait été placé dans une mangeoire, premier berceau d'un bébé divin.images-12.jpeg

Cette messe a rappelé toutes les vertus de l'hospitalité envers les étrangers, de l'ouverture de notre pays aux réfugiés, et du fait de pouvoir les recevoir dans la dignité et sans rejet. 

images-3.jpegIl nous a été rappelé aussi que la marche blanche effectuée dans nos quartiers pour Sofiane et Kévin avait été la marche d'un peuple de paix et d'amour, de soutien aux familles endeuillées et de lutte contre la violence par un esprit de pardon et de non-violence voulue par les parents des deux jeunes assassinés.

Les évangiles ont été écrits, mais comme l'a dit si bien le prêtre ce soir de Noël, c'est à nous aujourd'hui de poursuivre leur écriture en vivant en témoins de lumière, en témoins de paix et d'amour.Conference-sur-la-fin-du-monde-vue-depuis-l-Antiquite_1_illustrationEtab.jpg

Je ne rapporte pas ici ces paroles seulement pour les chrétiens mais pour tous les hommes qui croient aux qualités et valeurs humaines. L'amour des autres, l'amour du bien et de l'honnêteté, ainsi que l'hospitalité et la solidarité, n'ont pas besoin d'étiquettes et de drapeaux religieux ou spirituels pour exister et se partager.

800px-Crèche_provençale.jpgCe sont des valeurs laïques, je dirais même républicaines et civiques, qui nous aident à faire vivre un quartier, une ville, un pays, une famille.

Pendant ce temps-là, à Notre-Dame de Paris, l'homélie disait ceci, prononcée par Monseigneur André Vingt-Trois :

"Comment oublier ce soir les peuples massacrés et dispersés par les guerres qui ensanglantent le globe... ? Comment oublier nos frères chrétiens d'Orient, soumis à des pressions diverses et, parfois, à la persécution ouverte ? Comment oublier les "laissés pour compte" de notre société, premières victimes de la crise économique, qui vivent d'expédients, refoulés sur les marges des rendements financiers ? Comment oublier enfin dans cette nuit où la sainte famille ne trouve pas de place dans la salle commune de l'auberge, les immigrés qui errent à travers nos pays opulents sans trouver de place dans nos nations, nos entreprises et nos foyers, nos esprits et nos coeurs ?

Non, la nuit n'est pas seulement symbolique, elle est bien réelle. L'humanité vit bien dans le pays de la mort, même si elle essaye de l'oublier."


images-11.jpegOui, l'humanité traverse des temps difficiles et très


douloureux. Des peuples entiers sont terrassés par la


guerre et la destruction, sans que d'autres ne puissent


intervenir, comme en Syrie. Cette impuissance est très


difficile et une colère sourde monte sur la planète


envers les peuples qui bloquent l'énergie de solidarité,


envers leurs gouvernants surtout, pour ne pas nommer


la Chine et la Russie.


u15025134.jpgLes jeunes aussi sont touchés par le


phénomène internet, nouveau loup sorti des


bois pour entrer dans l'ordinateur et dévorer


les innocents. Nombre de parents se trouvent


démunis face à ce phénomène grandissants et


les prédateurs sont nombreux à se saisir de ces nouvelles portes


d'entrée vers la chair fraîche.


La banalisation des fugues et de nouveaux comportements chez


nos jeunes font que même la police ne s'inquiètent plus de


disparitions d'adolescents, laissant faire la nature et refusant de


déployer les grands moyens, comme pour ces deux jeunes filles


disparues depuis trois semaines et dont les parents très inquiets


sont sans nouvelles. Cela m'a rappelé bien sûr ce que j'ai vécu en


juin 2009 lors d'une longue fugue de ma fille. Il a fallu que je


bataille pour que la police inscrive ma fille sur le fichier des


personnes disparues.


Voir mon article : http://sosmaman.20minutes-

blogs.fr/archive/2009/06/01/ma-fille-est-en-fugue-depuis-une-

semaine-mon-recit-de-maman.html


Je vous parle de ceci car Noël est le jour où les familles se


rassemblent, se retrouvent, et les parents de 


Camille Lauran, 16 ans, et Geneviève Euvrard, 17 ans...


n'ont pas eu cette joie. 42929448-4f5c-11e2-8edb-f21234471230-493x328.jpg


Je pense très fort à eux car je connais l'angoisse

des parents qui ne savent où se trouve leur

enfant et, en cette période des Fêtes, je leur

témoigne mon entière sympathie et toute l'espérance de

retrouver ces deux jeunes filles qui ont co-voituré du Puy-en-Velay jusqu'à

Toulouse... puis ont disparu totalement.


Il y a une semaine, leurs parents écrivaient au Procureur en ces

termes :

«Nous avions demandé à vos services de bien vouloir faire paraître leurs photos dans la presse nationale afin que la population puisse transmettre des indices aux enquêteurs. Vous avez refusé par deux fois. Faudrait-il que leurs noms apparaissent dans la rubrique nécrologique pour que vous accédiez à cette demande?»

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"La nuit n'est plus symbolique, elle est bien


réelle"... 


Heureusement, la nuit se termine un jour pour 

 

voir




apparaître l'aurore... Quand l'espoir apparaît, la nuit se




termine pour voir s'éloigner les cauchemars et venir le




soleil, pour voir naître l'enfant en nous comme une




nouvelle étoile pour toute l'année qui commence.

 


Chloé LAROCHE

 







 

15/08/2012

L'église en ce 15 août nous a donné une "belle leçon" de tolérance, d'amour et d'ouverture... d'hypocrisie et de discrimination, en montrant du doigt les couples homosexuels, image de l'anti-famille.

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L'église en ce 15 août nous a donné une "belle leçon" de tolérance, d'amour et d'ouverture... d'hypocrisie et de discrimination.

L'église en ce 15 août a appelé tous les chrétiens à prier pour la famille... celle qui comprend un homme et une femme... mais surtout pas une famille d'homosexuel(le)s.homosexuel,prière famille,15 août,mariage homosexuel,adoption par homosexuel,prier pour la france,adoption,famille,discrimination,catholique,assomption,évêque,hollande,président,politique,état,séparation église état,religion,mariage civil,homophobie,haine,hypocrisie,actualité,injustice

L'église en ce 15 août n'a pas parlé des familles mono-parentales qui élèvent seuls ou seules leurs enfants... ni des enfants orphelins qui pleurent dans les orphelinats et rêvent d'une famille, qu'elle soit constituée d'une femme et d'un homme, de deux femmes, de deux hommes, ou d'un homme seul ou une femme seule.

L'église a dit qu'il ne fallait pas faire passer les désirs des adultes avant l'intérêt des enfants à avoir deux parents, mais elle fait aujourd'hui exactement cela : faire passer la croyance et les dictats religieux avant le bien-être des enfants qui attendent de recevoir l'amour d'une famille.

Avoir deux papas, avoir deux mamans, c'est nettement mieux que de croupir dans un lieu sans tendresse, sans amour, abandonné de tous.

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Alors, je vous le dis, si deux hommes ou deux femmes veulent se marier civilement et adopter un enfant et l'aimer... alors je les soutiens et les soutiendrai, car ils (elles) sont des êtres humains et dignes d'être parents.homosexuel,prière famille,15 août,mariage homosexuel,adoption par homosexuel,prier pour la france,adoption,famille,discrimination,catholique,assomption,évêque,hollande,président,politique,état,séparation église état,religion,mariage civil,homophobie,haine,hypocrisie,actualité,injustice


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18/03/2011

Le Père Fréchet était l'Abbé Pierre de l'Isère. Mon hommage à un homme qui considérait chaque homme cabossé comme une histoire sacrée.

images-7.jpegBonjour à tous et toutes,u24457337.jpg

Je viens dire adieu à un grand homme, le Père Fréchet, le prêtre des pauvres et des sans-abri en Isère. Il vient de décéder, après de nombreux mois de lutte contre la maladie.

Cet homme disait que "tout homme est une histoire sacrée" et avait un regard sur les êtres empli de tolérance et de lucidité mêlées. Il ajoutait à cette phrase… tout homme est une histoire sacrée …"même les cabossés de la vie".k0064030.jpg

Je l'ai rencontré à la fin de l'année 1994. J'étais une maman isolée avec une enfant de quatre mois, Océana. Je m'étais moi-même retrouvée sans domicile fixe durant six mois, après une séparation douloureuse. Des amis m'avaient hébergée puis on m'avait ensuite prêté un studio, avant que je ne retrouve un logement à mon nom.

Le Père Fréchet m'avait confié alors, sans connaître ma situation, la mission d'animer quelques fois le restaurant "le 51", ce lieu aux repas à moins d'un euro, qu'il avait ouvert rue de Stalingrad à Grenoble pour permettre aux plus pauvres de manger pour quelques francs. Avec mon violon et des amis musiciens que j'amenais avec moi, nous animions musicalement des soirées destinées aux personnes démunies dont le Père Fréchet s'occupait. Je n'étais donc pas la "bonne du curé" mais sa violoniste !

k0233241.jpgJe me souviens avoir animé avec mon violon la crèche vivante de décembre 1996 à sa paroisse, la paroisse Saint-Paul. Il y avait là tous les animaux de la ferme qu'il avait créée à Miribel-Lanchâtre, vâches, âne, agneaux, brebis... que l'on avait descendus à Grenoble pour l'occasion. L'abbé Pierre de l'Isère était fier de ce projet à la campagne destiné à réinsérer des personnes exclues de la société par des parcours difficiles, exclusion survenue après un chômage ou un divorce, un deuil ou d'autres épreuves de la vie. Le Père Fréchet aimait à répéter : "La misère est une insulte au Créateur" ou encore "Changeons nos regards et la vie jaillira."k1448972.jpg

Ce jour-là, il y eut une solidarité immense, avec beaucoup de vivres et de cadeaux apportés pour les enfants à l'occasion de Noël... dons offerts par de nombreuses personnes solidaires et soutenant l'oeuvre de la paroisse Saint Paul.

C'était ainsi chaque vendredi où le Père organisait une distribution de nourritures, de lait, de nombreuses denrées alimentaires et de vêtements.k0577121.jpg

Il m'avait demandé à plusieurs reprises d'animer les repas de Noël pour les plus démunis. Je me souviens de ces grandes tablées et de la joie de tous ceux qui y étaient présents, femmes, enfants, hommes. Je me souviens du sourire du Père Fréchet mais aussi de cet air grave qu'il avait. Il était tellement confronté à la situation désespérée de centaines de personnes… qui parfois l'ont trahi ou agressé. Il s'est fait voler, agresser, insulté…. mais comme tous ceux qui oeuvrent pour le bien, la tolérance, la solidarité et l'entraide… il a été malmené. Il a pourtant toujours gardé le courage de poursuivre et offrait des sermons si humains que des fidèles venaient de partout pour l'écouter, tant sa parole était humaine.

Il disait que les pauvres ont besoin d'aide alimentaire mais qu'ils ont aussi besoin de nourriture morale, de rencontres sociales et d'insertion solidaire.

k1697095.jpgEt puis un jour, ma fille a rejoint le ciel, à l'âge de deux ans et demi, en février 1997. C'est le père Fréchet qui a officié la messe de son départ. Il était bouleversé. L'église était pleine. Toutes les personnes que je connaissais au 51 étaient là, des sans-abri, des personnes à la rue ou dans des caravanes, des voisins de la paroisse, des voisines, des amis de partout. Tout le monde m'a embrassée et j'étais emportée par une vague d'amour immense mais qui n'a pas emporté mon chagrin et ma peine.

J'étais écroulée, détruite, et depuis, mon violon n'a plus jamais chanté pour les sans-abri de la Paroisse Saint Paul. Il est allé jouer sur d'autres chemins, pour d'autres coeurs, d'autres visages. Pour des visages de personnes âgées à l'hôpital par exemple.k1784230.jpg

k3075469.jpgEt puis un jour, sept ans plus tard, je suis allée le voir… et je lui ai demandé de baptiser mes deux filles adoptives… J'ai vu alors la lumière dans ses yeux. C'était en 2004…. J'attendais mon fils, j'étais enceinte de lui, et le Père Fréchet a vu la lumière de Noël dans mon coeur, la Nativité, le miracle de la vie qui revient.IS431-075.jpg

Il a baptisé mes filles du Bénin et de Roumanie. Le ciel m'avait rendu la vie, de l'espoir, du courage, beaucoup de courage.

Aujourd'hui, le Père Fréchet a rejoint Océana et le Ciel. Puisse-t-il aller parmi les Anges et les Saints et tous nous protéger. Puisse-t-il bénir son oeuvre, oeuvre reprise par le Secours Catholique, lequel poursuit sa mission d'accueil des plus pauvres.

J'ai découvert le texte que notre maire Michel DESTOT a écrit pour le départ du Père Fréchet sur son site. Je le partage avec vous ici, car ce texte m'a beaucoup plu, étant très fidèle à ce qu'était le Père Fréchet :

"Avec la disparition du Père Fréchet, les Grenoblois perdent aujourd'hui un frère en humanité aimé et respecté pour ses engagements comme pour la radicalité de ses convictions et de ses combats. Engagé sa vie durant "entre foi et colère", souvent indigné et rageur, toujours sincère et généreux, le Père Fréchet a consacré sa vie aux pauvres parmi les pauvres, aux paumés, et aux marginaux, ici et ailleurs dans le monde. Il bousculait, interpellait, rudoyait parfois ses interlocuteurs qu'il jugeait trop policés, trop prudents, trop raisonnables, trop résignés pour lui, qui professait que "tout homme, même le plus cabossé, était une histoire sacrée". Homme de passion, par sa ferveur, il les ramenait – il nous ramenait - sans cesse et sans concession à une exigence première : l'amour de l'autre, sans condition. Dans l'actualité sombre et tourmentée que nous traversons, le témoignage de cette vie accomplie donne sans aucun doute des raisons d'espérer et de poursuivre les combats entrepris." (Michel DESTOT)isp0802384.jpg

 

k2191706.jpgPère Fréchet, que mes meilleures pensées vous accompagnent dans votre dernière demeure.

Vous ne manquerez pas là-haut, j'en suis sûre, de recueillir quelques anges sans domicile fixe.

 

Chloé LAROCHE _____________________________________

 

 

Nota bene ____________________________ Les photos choisies par l'auteur pour son article proviennent du site http://www.fotosearch.fr avec des photos libres de droits. Seule la photo du Père Fréchet en haut à gauche provient d'une collection privée.

06/12/2010

Je crois en l’être qui vit dans l’éternité de sa peau noire. Voici la sixième nouvelle de mon premier ouvrage : "Le prêtre noir du Mont Saint-Michel".

SI UN ÉDITEUR LISAIT CE TEXTE ET CE BLOG ET QU'IL AIT L'IDÉE DE RÉÉDITER CET OUVRAGE ET CES TEXTES, MERCI DE CONTACTER L'AUTEUR DU BLOG... QUI RECHERCHE UN ÉDITEUR POUR PLUSIEURS LIVRES...chloe.email@laposte.net. Merci d'avance !

Cette nouvelle est la sixième du livre de Chloé LAROCHE : "les Semences de l'Après-Vie"_______________________________

 

 

15463-07dg.jpgLE

PRÊTRE

NOIR

DU MONT

SAINT-MICHEL

 

____________ Nouvelle n° 6 de Chloé LAROCHEu26467582.jpg


CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS

 

Je crois en l’Être
Qui vit dans l’éternité
De sa peau noire

(Haïku de Chloé L)

 

“L’Amour que vous donnerez,
même du fond du malheur,
vous sera toujours retourné.”

Alain Guillo : “A l’adresse de ceux qui cherchent”
au chapitre “L’enfant qui meurt”




k1304623-1.jpgLe Mont-Saint-Michel était voilé de pourpre derrière les coquelicots rougis par le soleil couchant ; il émergeait des eaux comme un ange à genoux taillé dans l’albâtre de la pureté céleste.

Le Christ semblait égréner dans le cri des mouettes le chapelet des morts de la Terre, rappelés au souvenir de l’Archange par les pèlerins...

-Saint Michel, laissez passer l’âme de mon époux ; pardonnez-lui ses péchés, ses beuveries et ses coups portés à mon corps... -O Grand Archange, ouvrez le Paradis à ma mère arrachée à la Terre par un cancer... -O toi Grand Saint, je te confie l’âme de mon fils mort à la guerre ; donnez-moi la force de poursuivre mon chemin... -Ma fille s’est suicidée... Je ne sais si c’est de ma faute ou non. Je porte cela comme un boulet qui emprisonne mon âme comme un cachot sans lumière. Eclairez-moi ! Je vous en supplie... -Ma compagne  a été emportée par le sida... Notre bébé est malade... Je ne pourrai pas continuer tout seul à supporter cette épreuve. J’ai renié Dieu, j’ai renié les Anges, j’ai renié l’Espoir, mais tout seul je n’y arriverai pas... Alors oubliez mes insultes proférés contre le Ciel et accompagnez-moi tous les jours de ma vie...”.

Telles étaient les supplications des âmes orphelines ; l’océan les entourait avec compassion de ses bras puissants et emportait toutes les larmes vers le grand large où tout est partage... où chaque goutte salée est un voyage. Après cette expérience intérieure vécue sur le Mont, les âmes repartaient... le coeur allégé, l’espoir au ventre, une espérance née au bout de la vie.

Marie-Ange et Jean-Noël avaient marché longtemps avant d’apercevoir au loin le Mont sacré émergeant des eaux du Monde ; les coquelicots étaient embrasés par le feu du Ciel et le soleil semblait s’être accroché à la flèche de l’Abbaye.k3786678.jpg

Ils venaient en ce lieu chargé de Paradis pour méditer et offrir leur immense souffrance... Ils avaient perdu leur enfant, à la naissance... leur unique enfant, cinq mois auparavant.

Après leur séjour à l’hôpital, ils étaient rentrés chez eux et avaient retrouvé la chambre de leur bébé prête à l’accueillir, préparée avec amour depuis des mois... Un prêtre accepta de les recevoir pour les aider à surmonter leur douleur et le déchirement de voir mourir l’avenir ; il s’exprima à eux en ces termes :

-Les bébés ne meurent pas... Ils deviennent des anges. Le vôtre sera toujours là, près de vous, blotti au chaud dans votre coeur. Il vous conduira sur des chemins inespérés... des chemins d’amour dignes de celui du Créateur pour toutes ses créatures.”

En ce jour de leur arrivée au Mont, Marie-Ange regardait le soleil de l’océan se coucher dans les yeux de Jean-Noël ; elle savait que le prêtre avait raison ; mais comment évacuer cette colère qu’elle ressentait en elle... toute la révolte d’une mère face au vide de la mort, privée à jamais de la chaleur de ce petit être qui l’avait habitée durant neuf mois !?... Parfois, elle avait envie de frapper, de hurler, de détruire et ne plus reconstruire.

k1580034.jpgC’est pour cette raison qu’elle alla voir un prêtre dès le lendemain dans la vieille chapelle du Mont, l’église Saint Pierre ; l’officiant qui la reçut avait la peau noire et une immense foi en l’Archange ; il avait traversé l’Afrique pour offrir une grande partie de son temps à l’accueil des pélerins de Saint Michel ; ce matin-là, donc, il accueillit Marie-Ange, qui lui expliqua tout ; il fut immensément touché par l’épreuve de cette femme.

-Allez prier devant la statue de la Vierge aux Anges, Madame ; elle vous consolera et vous ouvrira le chemin qui relie votre âme à celle de votre enfant. Pensez toujours que vous êtes à jamais unie à lui et que la communion d’âme à âme est la chose la plus intense qui existe sur Terre.”

La jeune femme alla prier devant la Vierge aux Anges ; elle parla intérieurement à son enfant, lui envoyant plein d’amour et de tendresse maternelle.

La nuit suivante, elle fit un rêve étrange : elle tenait dans ses mains un bébé minuscule à la peau noire, comme le prêtre africain qui l’avait reçue. Elle se réveilla en disant : “Je veux adopter un petit africain. Un enfant de là-bas m’attend quelque part... Je serai sa maman ! Sa peau, dans mon rêve, était si fine, faite d’un ébène si noir et brillant... qu’elle paraissait réelle. Ce petit garçon m’attend, j’en suis sûre...!”

Jean-Noël ne fut pas d’accord du tout avec cette “idée” ; il avait toujours été opposé à l’adoption et il aurait préféré que sa compagne accepte de porter un deuxième enfant... engendré par leur couple. Ils se disputèrent fortement devant l’Abbaye qui surplombe le Mont-Saint-Michel... Un moine vint les voir et leur dit, en leur montrant l’infini de l’horizon :

-Est-ce que votre querelle va empêcher l’océan d’être vivant... et de venir mourir dans chaque vague qui vient s’écraser sur la côte ? Est-ce que votre querelle va arrêter votre chemin en route vers demain ?... Mais peut-être avez-vous deux chemins...?! Peut-être se croisent-ils aujourd’hui à un carrefour où l’inéluctable apparaît... Prenez le calme de ce lieu et emportez la paix avec vous.”u10066375.jpg

Marie-Ange et Jean-Noël s’excusèrent auprès du moine ; ils restèrent longtemps silencieux, accoudés au balcon de la Baie.

Au-dessus d’eux, rayonnait la statue de l’Archange ; tant de finesse mêlée à la force attirait le respect du regard sur le geste victorieux de Saint Michel brandissant l’épée.

Jean-Noël ne put s’empêcher de penser à l’Eglise Saint Michel de Chamonix, cette ville chérie où il avait grandi ; il était souvent entré dans ce sanctuaire pour donner à l’Archange ses prières les plus secrètes, destinées au Tout-Puissant ; il était toujours reparti de cet endroit l’âme humble, dépouillée d’orgueil... et emplie de compassion envers les siens et le monde entier.

Mais, en ce jour précis, il n’arrivait pas à s’accorder aux nouvelles vibrations de sa compagne ; il savait intérieurement que personne ne le ferait changer d’avis : il ne serait jamais, au grand jamais, le père adoptif d’un enfant noir...!!

Soudain, à l’instar de cette pensée, une femme désespérée accourut dans leur direction.

-Avez-vous vu ma fille ? C’est une petite africaine... Elle porte une robe blanche... Elle a cinq ans... Mon Dieu, je l’ai perdue dans tous ces dédales... Aidez-moi, je vous en supplie. Aidez-moi à la retrouver !”

Le couple se mit à aider cette femme.
“Comment s’appelle votre fille ?
-Violina, elle s’appelle Violina."

-Violina, Violina”, cria Jean-Noël de toutes ses forces... Personne ne répondait. Il cria plusieurs fois ainsi...

Tout à coup, il eut une idée ; il pénétra dans l’Abbaye et se laissa guider par la beauté des lieux ; il descendit vers le niveau qui se trouve sous l’église abbatiale et trouva la petite fille assise près de la grande roue ; des prisonniers la faisaient tourner autrefois, en un temps lointain où l’administration pénitenciaire installa un poulain afin de hisser un chariot le long du rocher.

“C’est quoi cette roue, monsieur ?
-Violina, ta maman te cherche partout. Viens !
-Mais, monsieur, c’est quoi cette roue ?
-Cette roue ? Autrefois, des méchantes personnes ont attaché des prisonniers à l’intérieur de cette machine pour que ceux-ci la fassent tourner en marchant... afin de faire monter un chariot sur une échelle de pierre... un poulain.
-Ces personnes cruelles croyaient sûrement que le monde entier devait tourner pour elles toutes seules !”

Jean-Noël, surpris, s’accroupit près de la petite fille ; elle était belle dans sa robe à dentelles ; ses yeux étaient profonds et emplis de gravité devant le cynisme humain... qui avait pu placer cette roue dans l’ancien ossuaire des moines, cimetière des âmes priantes de ce lieu saint et vénéré !

15419-76NS-1.jpgViolina mit sa main dans celle de Jean-Noël.
“Viens, dit-elle, il faut laisser la roue à Dieu. Il sait bien, Lui, comment faire tourner la Vie !...”.

Elle retrouva sa maman, qui fut aux anges.

Jean-Noël, de son côté, offrit une plume noire, trouvée sur la terrasse de l’ouest, à sa compagne, en lui disant :

-Nous partirons ensemble en Afrique ; j’ai des amis là-bas ; nous adopterons un enfant et nous deviendrons durant sa vie entière ses parents, son père et sa mère, pour toujours et à jamais.”

 

Chloé LAROCHE

PS : j'ai fait un pèlerinage au Mont Saint-Michel cinq mois après le décès de ma fille et beaucoup d'éléments autobiographiques se trouvent dans cette nouvelle, avec aussi ce même rêve et cette même rencontre avec un prêtre africain, et l'adoption cinq ans plus tard d'une petite fille africaine qui avait cinq ans au moment de mon rêve au Mont Saint-Michel.

_______________________________ Nota Bene : les photos de cette nouvelle sont libres de droits et choisies par l'auteur

dans le site : "fotosearch.com".

 


Le Mont-Saint-Michel
Grand point d’orgue de l’Esprit
Sur la Bible nue

(HAÏKU DE CHLOÉ L)

 

________________________ Ce texte est protégé et ne doit pas être recopié ou utilisé sans l'accord de l'auteur.

Ouvrage déposé. ______________

"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas."

(extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)______________________________________


 
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